On ne comprend que ce que l'on transforme
Bertolt Brecht

En Essonne

Construire la sortie du bidonville


Recherche action avec les familles roumaines vivant dans les bidonvilles de Ris-Orangis de Grigny, en soutien de l'action du Collectif des Ambassadeurs des Roms.


Plusieurs années d'une politique systématique d'expulsion et de destruction des bidonvilles construits essentiellement par des familles Roms conduisent au constat que le phénomène, loin de s'avérer ainsi éradiqué, se perpétue, s'amplifie et s'aggrave. Sans solution, ces familles dont nombre d'enfants sont scolarisés, s'établissent de nouveau à deux pas de là, sur le chemin des écoles, en lisière d'une ville voisine. Sans solution, elles repartent de moins que zéro, et construisent de nouveau à la hâte et sous une énième menace d'expulsion des abris toujours un peu plus précaires. Sans solution, ces familles pourtant européennes demeurent dans une impasse dans laquelle les enfonce un peu plus une identité problématique qui leur est collée à la peau. Suivant l'hypothèse que construire vaut mieux que détruire pour répondre aux questions sanitaires, sociales, politiques, que posent de telles situations, le PEROU a établi une « ambassade » au cœur d’un bidonville de Ris-Orangis, en bordure de la Nationale 7. Pour, en tout premier lieu, prendre position au sens littéral de l'expression : faire acte de présence, et veiller ainsi à ce que le moteur de la pelleteuse demeure froid. Pour construire ici et maintenant ce qui fait défaut, et ne pas perdre son temps, son énergie, et son désir à quémander ailleurs, en haut, au loin, ce qu'ici même, avec les innombrables savoirs et savoir-faire des innombrables amis de chacun, nous savons faire. Pour inviter chacun au cœur du « problème » dont on parle beaucoup, mais que l'on interroge jamais de vive voix, en tête à tête. L'ambassade fut ainsi édifiée comme l'interface entre l'intérieur et l'extérieur, le sas par le biais duquel sont passés architectes, artistes, chercheurs, travailleurs sociaux, amis de toutes part, tous riverains à peu de choses près, pour, dans une dynamique constructive, faire ce qu'il y avait à faire. Ainsi s'agissait-il de démontrer en actes combien il est possible, entre concitoyens européens, de cultiver l'hospitalité à l'endroit même où l'hostilité semblait fatale. Ainsi s’agissait-il, de « partir du bidonville », dans les deux sens de l’idée : partir de la situation, pour en prendre soin, et construire dans le prolongement de ce qui a été engagé de relations au territoire ; donner aux personnes la possibilité d’enfin partir d’ici grâce à la stabilité gagnée dans l’action constructive, grâce aux nouveaux liens noués dans celle-ci avec tous les riverais qui auront été accueillis dans l'Ambassade du PEROU, équipement public s'il en est. Celle-ci fut détruite le 3 avril 2013. Certaines familles furent accueillies dans un lieu d'établissement temporaire aux confins de la ville de Ris-Orangis où le PEROU continue d'œuvrer. Les autres ont été purement et simplement éloignées, et se sont retrouvées dans un nouveau bidonville à Grigny, sur le terrain de la Folie, où le PEROU continue d'œuvrer. Afin de faire école et, à l'issue d'une action conçue comme un travail de recherche, transmettre à d'autres, acteurs associatifs comme publics, des outils pour œuvrer autrement face à un phénomène qui s'amplifiera en Europe dans les années à venir.

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Sites Internet

→ Journal de l'Ambassade du PEROU à Ris-Orangis

→ perou-risorangis.blogspot.fr

→ Considérant... (site dédié au livre et au film du PEROU)

→ http://www.perou-considerant.org

→ La Folie (site dédié au film collaboratif La Folie)

→ http://www.lafoliegrigny.tumblr.com

→ Agence pour l'Emploi du PEROU

→ http://www.perou-emploi.org


Chargés de missions pour le PEROU
Julien Beller, Charlotte Cauwer, Margot Crayssac, Célia David-Mauduit, Melina Echivard,Yannick Fleury, Didier Galas, Ismaël Halissat, Jean-François Joly, Alexia Lagorce, Malte Martin, Victor Meesters, Théo Mouzard, Marina Nicusor, Ruben Salvador, Ramona Strachinaru, Aude Tincelin, Joana Zimmermann, Victoria Zorraquin..
Un projet soutenu par la Fondation Abbé Pierre, le Plan Urbanisme Construction et Architecture, le Conseil Général de l'Essonne.

© Aude Tincelin
© Aude Tincelin
© Jean Larive


À Paris

Faire l'hospitalité


Consultation internationale pour la création d'un centre d'hébergement nomade dans Paris intra-muros, en soutien de l'action des Enfants du Canal.


À la consultation internationale engagée par le Président Nicolas Sarkozy était associé l'impératif d'un changement d'échelle. On nous affirmait alors : Paris sera grand par son étendue, et son emprise territoriale fera sa majesté en ce nouveau millénaire. De dix grands urbanistes et architectes était attendue la célébration de cette grande échelle, et l'invention de dispositifs susceptibles de faire s'accélérer les circulations d'usagers affairés.

À la consultation internationale engagée par les Enfants du Canal et le Pôle d'Exploration des Ressources Urbaines (PEROU) est associé l'impératif d'un changement de nature. Nous affirmons aujourd'hui : Paris sera grand par sa citoyenneté, et sa capacité à faire mille œuvres d'hospitalité fera sa majesté. De créateurs multiples est attendue la conception de nouvelles formes habitables tout contre la ville hostile, et en particulier d'un centre d'hébergement nomade dans Paris intra-muros dont les trottoirs sont aujourd'hui habités par 15 000 personnes. Afin de faire la démonstration que l'hospitalité peut devenir valeur capitale.

Depuis mai 2013, des ateliers de conception ont été mis en place avec les résidents des centres d'hébergement des Enfants du Canal afin de rédiger le cahier des charges de la consultation. Celui-ci sera publié début avril, suivant une campagne d'affichage développée dans les rues de Paris qui, rendant publics les chiffres des politiques d'hostilité, affirme : L'hospitalité reste à faire. En septembre 2014, un jury constitué pour moitié d'anciens sans-abri sélectionnera 10 projets qui, le mois suivant, feront l'objet d'une exposition au Pavillon de l'Arsenal, et d'une publication adressée aux acteurs publics en charge de la politique de la ville.

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Chargés de mission pour le PEROU
Merril Sinéus, Yannick Fleury, avec le soutien de Franck Cardinal.
Site Internet : Yannick Fleury et oscar B studio.
Traductions anglaises : Zéo Inch.
Un projet réalisé en collaboration avec le collectif Échelle Inconnue (http://www.echelleinconnue.net), et les contributions de l'association À Travers (www.atravers.org) et de l'École Professionnelle Supérieure d'Arts Graphiques et d'Architecture (www.epsaa.fr).
Un projet soutenu par la Fondation MACIF et le Pavillon de l'Arsenal.

© Yannick Fleury
© Yannick Fleury


En Avignon

Habiter une friche industrielle


Transformation de l'ancien Tri-Postal en centre culturel habité, en soutien de l'action de CASA HAS


Du travail social considéré comme action culturelle, telle peut être l'une des devises de CASA HAS, association atypique et au profil ô combien rare dans le paysage français. La Villa Médicis, tel est le nom de son centre d'hébergement où réside une quinzaine de personnes. Espèce d'espace, tel est le nom de son accueil de nuit. Le tout est installé à deux pas de la gare centrale d'Avignon, sur la parcelle où demeure l'ancien Tri-Postal, vaste friche qu'occupe l'association par moments, pour y accueillir artistes, étudiants des écoles d'art d'Avignon et d'Aix-en-Provence, et différents événements. Aujourd'hui, par bail emphytéotique, l'association peut envisager pleine jouissance des lieux pour les habiter.

En collaboration avec Notre Atelier Commun, et l'équipe de Patrick Bouchain, nous traçons les lignes du devenir de cette friche de près de 2500 m². Qu'est ce que l'espace de l'hébergement, et comment le faire s'affranchir des seuls impératifs sanitaires et sécuritaires qui l'écrasent ? Qu'est ce qu'un lieu d'hébergement dans la ville, et comment le faire s'articuler à son territoire à distance de la logique d'enclave qui le détermine communément ? Qu'est ce que la dimension publique d'un lieu d'hospitalité, et comment accueillir ici des pratiques de recherche et d'expérimentation afin de faire de l'ancien Tri Postal un laboratoire où s'invente un avenir pour les personnes tout autant que pour la ville alentour ?

Le 7 avril à 14h30 seront présentées les premières études conduites depuis deux mois par nos équipes. À partir de là, seront activés les processus que NAC et le PEROU ont coutume de développer : permanence, chantiers expérimentaux, incrémentalisme méticuleux permettant de concert avec ceux qui vivent les lieux comme avec ceux qui les rêvent de les faire se transformer dans l'espace et le temps d'un chantier manifeste.

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Chargées de mission pour le PEROU
Agathe Chiron, Merril Sinéus et Charlotte Cauwer.
Projet réalisé en collaboration avec Notre Atelier Commun.
Un projet soutenu par l'ANAH, la Mairie d'Avignon et le Grand Avignon.
© Merril Sinéus
© Merril Sinéus
© Merril Sinéus

Dans le Nord-pas-de-Calais

Faire refuge au delà des jungles


Conception de havres dans le Nord-Pas-de-Calais, en soutien de l'action de la Plateforme de Service aux Migrants.


Contre la façade d'un bâtiment désaffecté à Calais, en regard de la place où sont offerts des repas aux personnes sans ressource, de grandes parenthèses noires s'ouvrent sur fond blanc : des affiches vierges où des mots, des pensées et des cris viennent peu à peu prendre place. Au sol d'un squat de la rue Victor Hugo où vivent principalement des femmes érythréennes, un rouleau de papier se recouvre, pas à pas, d'éclats de voix, de fragments de récits : de paroles littéralement inouïes. Un monde étouffe sous nos yeux, que nous ne voyons pas.

Faire place à ce monde là, qui est aussi le nôtre, tel est l'un des enjeux de cette première action, qui en appelle d'autres à venir. Pour l'heure, ce qui entre parenthèse s'est révélé est affiché au cœur du Journal des Jungles, publication coordonnée par la Plateforme de Service aux Migrants, et publiée le 1er février. Le projet se poursuit à travers une résidence au Channel de Calais, en vue de la conception du numéro du journal à paraître en juin.

À partir de ce travail sur les langues consistant à rendre visible une réalité aujourd'hui escamotée par des politiques radicalement hostiles, il s'agit d'entrevoir comment faire place, sur la page de la ville, à celles et ceux qui en demeurent éloignés. Comment construire, et que construire, dans ces territoires pour répondre à la nécessité de faire l'accueil à celles et ceux, chercheurs en tous points, qui traversent les continents pour trouver enfin une vie meilleure.

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Site Internet

→ Blog du laboratoire de recherche de l'EnsadLab

→ http://www.labodives.ensad.fr


Chargés de mission pour le PEROU
Laurent Malone et Cyrille Hanappe.
Projet réalisé en collaboration avec l'EnsadLab (et en particulier les étudiants chercheurs que sont Rahaf Demashki, Pejman Mirzaei, Afrouz Razavi, Léa Ninot et Johanna Grégoire, sous la direction de Ruedi Baur et Sébastien Thiéry), l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Paris Malaquais, et l'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Paris Belleville.
© Afrouz Razavi
© Afrouz Razavi
© Afrouz Razavi
© Afrouz Razavi