On ne comprend que ce que l'on transforme
Bertolt Brecht

EN ESSONNE (situation 1) :

L'ambassade du perou

Construire la sortie du bidonville en l'habitant.


Mise en œuvre d'un chantier architectural, social et politique avec des familles dites «Roms» vivant dans les bidonvilles de Ris-Orangis et de Grigny. En soutien de l'action du Collectif des Ambassadeurs des Roms.

Calendrier : septembre 2012 – août 2014
Budget : 155 626 euros
Partenaires : Fondation Abbé Pierre ; Plan Urbanisme Construction Architecture ; Conseil Général de l'Essonne ; Député de l'Essonne ; Ecole des Arts Politiques (Science Po Paris) ; Ecole Nationale Supérieure d'Architecture de Bretagne ; Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs.
Chargés de mission : Julien Beller, Charlotte Cauwer, Agathe Chiron, Margot Crayssac, Célia David-Mauduit, Melina Echivard, Yannick Fleury, Didier Galas, Ismaël Halissat, Jean-François Joly, Alexia Lagorce, Laurent Malone, Malte Martin, Victor Meesters, Théo Mouzard, Marina Nicusor, Léa Ninot, Ruben Salvador, Joao Santos, Merril Sinéus, Ramona Strachinaru, Adel Tincelin, Joana Zimmermann, Victoria Zorraquin.


Plusieurs années d'une politique systématique de destruction des bidonvilles ont engendré non l'éradication du phénomène, mais son aggravation. Fuyant la violence légale armée de représentations assassines et de bulldozers, les familles se déplacent de quelques centaines de mètres à peine, passant la frontière d'une commune tout au plus, reconstituant à la hâte un abri toujours un peu plus précaire. Les acteurs publics nouvellement concernés de déplorer alors, de hurler leur irresponsabilité, et de répéter les mots et les actes des élus voisins, faisant se prolonger le désastre.

À Ris-Orangis puis à Grigny, s'inspirant des gestes de familles transformant un terrain vague en refuge, le PEROU a poursuivi l'hypothèse que construire valait mieux que détruire pour répondre aux questions sanitaires, sociales, politiques, posées par de telles situations. Mobilisant architectes, artistes, chercheurs, mais également nombre de riverains jusqu'alors demeurés distanciés de telles situations controversées, le PEROU a construit une ambassade, une place des fêtes, une chapelle, des toilettes sèches, des bacs à compost, un module sanitaire comprenant douches et lavoirs, une résidence de travail, un cinéma, des aménagements fleuris. Il est intervenu au sol pour évacuer les déchets, la boue, les eaux de pluie, les rats. Il a agi sur les façades des baraquements pour mettre en oeuvre des systèmes d'aération et les équiper d'extincteurs. Il est intervenu sur la scène publique, organisant de multiples événements, faisant se mobiliser nombre d'acteurs locaux, créant les conditions de nouvelles négociations, provoquant la mise en œuvre d'un projet d'insertion, premier du nom en Essonne. Il a en outre produit ou coproduit trois sites Internet, trois films présentés dans de nombreux festivals, un livre coécrit par une trentaine d'auteurs, 40 CV pour les adultes, un imagier pour les enfants et un rapport de recherche de 500 pages remis notamment aux acteurs publics.

Il en a coûté 155 626 euros pour 24 mois d'un travail ayant permis que sur les 140 personnes rencontrées à Ris-Orangis en octobre 2012, 70 au moins soient aujourd'hui locataires d'un logement. Dans le même temps, le Maire de Ris-Orangis et le Maire de Grigny ont engagé deux procédures d'expulsion ayant abouti, la première en avril 2013, la seconde en août 2014. Pour ce travail de destruction, parfaitement inutile, il en a coûté à la collectivité environ 600 000 euros.


Liens :

→ Archives de l'action

→ Journal de l'Ambassade du PEROU à Ris-Orangis

→ (www.perou-risorangis.blogspot.fr)

→ Agence pour l'emploi dédiée aux 40 adultes du bidonville

→ de Grigny (www.perou-emploi.org)

Considérant qu'il est plausible que de tels événements puissent
→ à nouveau survenir
, film de Sébastien Thiéry et livre

→ collectif dirigé par ce dernier (www.perou-considerant.org)

La Place – Ris-Orangis, livre collaboratif coordonné par
→ Jean-François Joly et Adel Tincelin

→ (www.habitees.fr/Editions-illimitees)

La Folie – Grigny, film collaboratif coordonné par Delphine
→ Bonamy, Isabelle Lassignardie, Emma Peltier, Emilie Rouy

→ et Adel Tincelin. (www.lafoliegrigny.tumblr.com)


Légendes des images ci-contre :

1. Fête d’inauguration de l’Ambassade du PEROU à Ris-Orangis, → 22 décembre 2012. © Adel Tincelin

2. Inauguration de l’Ambassade du PEROU à Ris-Orangis
→ par Didier Galas, 22 décembre 2012. © Jean Larive

3. Ambassade du PEROU, Ris-Orangis, janvier 2013. © Adel Tincelin

4. Résidence du PEROU, bidonville de la Folie, Grigny, mai 2014.
© Malte Martin

5. Cinéma du PEROU, bidonville de la Folie, Grigny, 4 juillet 2014.
© Laurent Malone





À PARIS (situation 2) :

Le Paris de l'hospitalité


Concevoir des projets expérimentaux pour l'accueil de sans-abri dans les interstices de la capitale.
Organisation d'un concours international d'art et d'architecture avec d'anciens sans-abri pour la création d'un centre d'hébergement nomade dans Paris intra-muros. En soutien de l'action des Enfants du Canal.

Calendrier : janvier 2013 – novembre 2014
Budget : 46 000 euros
Partenaires : Fondation MACIF ; Pavillon de l'Arsenal ; Fondation Abbé Pierre ; Ecole Professionnelle Supérieure d'Arts Graphiques et d'Architecture de la Ville de Paris.
Chargés de mission : Franck Cardinal,Yannick Fleury, Merril Sinéus.
Collaboration : Echelle Inconnue.


À la consultation internationale engagée en 2007 par le Président Nicolas Sarkozy était associé l'impératif d'un changement d'échelle. On nous affirmait alors : Paris sera grand par son étendue : son emprise territoriale fera sa majesté en ce nouveau millénaire. De dix grands urbanistes et architectes était attendue la célébration de cette grande échelle, et l'invention de dispositifs susceptibles de faire s'accélérer les circulations d'usagers affairés.

À la consultation internationale engagée en 2013 par les Enfants du Canal et le Pôle d'Exploration des Ressources Urbaines (PEROU) était associé l'impératif d'un changement de nature. Nous affirmions : Paris sera grand par sa citoyenneté : sa capacité à faire mille œuvres d'hospitalité fera sa majesté. De créateurs multiples étaient attendue la conception de nouvelles formes habitables tout contre la ville hostile, et en particulier d'un centre d'hébergement nomade dans Paris intra-muros comptant alors environ 15 000 personnes sans-abri. Afin de faire de l'hospitalité valeur capitale.

A partir de mai 2013, une dizaine d'ateliers de conception avec d'anciens sans-abri et des membres des Enfants du Canal. Entre juin et septembre 2013, une enquête urbaine sur le sud parisien pour consigner et analyser les parcelles foncières temporairement vacantes. En mars 2014, une campagne d'affichage durant les élections municipales. En juin 2014, la publication d'un appel à projets et de son cahier des charges sous la forme d'un site Internet comprenant textes, dessins, images, vidéos. En septembre 2014, la réception d'une cinquantaine de propositions d'artistes, architectes, urbanistes, sociologues, économistes, etc. En octobre 2014, la mise en place d'un jury composé pour moitié d'anciens sans-abri. En novembre 2014, la présentation devant 500 personnes au Pavillon de l'Arsenal des 10 projets lauréats, et démonstration faite alors d'innovations sociales, politiques, et architecturales. Aujourd'hui encore, l'attente que les acteurs publics s'en saisissent et œuvrent enfin.



Liens :

→ Archives de l'action

La Chasse au luxe, film cartographique d'Echelle Inconnue

→ (www.echelleinconnue.net/flux.php?media=32)

→ Site Internet des Enfants du Canal.

→ (www.lesenfantsducanal.fr)



Légendes des images ci-contre :

1. Carton de l’appel à projets. © Yannick Fleury

2. Hôtel des jours meilleurs (projet lauréat), Philippe Rizzotti architecte et Bellastock

3. Saga-Cité (projet lauréat), collectif Sans plus Attendre

4. Bonjour et Bienvenue à Paris (projet lauréat), Urban Act
et Hacene Belmessous

5. De la rue à la ruche (projet lauréat), Minga



EN AVIGNON (situation 3) :

FAIRE LE TRI


Transformer la friche industrielle de l'ancien Tri-Postal en centre culturel habité.
Réalisation des études pour la transformation de l'ancien Tri-Postal d'Avignon avec un collectif de sans-abri et une vingtaine d'associations locales. En soutien de l'action du Pôle Vaucluse d'Habitat Alternatif Social.

Calendrier : juin 2013 – juin 2015
Budget : 84 000 euros
Partenaires : Agence Nationale de l'Habitat ; Mairie d'Avignon ; Grand Avignon ; Délégation Interministérielle à l'Hébergement
et à l'Accès au Logement.
Chargés de mission : Charlotte Cauwer, Agathe Chiron, Léa Ninot, Emma Peltier, Merril Sinéus.
Collaboration : Notre Atelier Commun.


Du travail social considéré comme action artistique et culturelle, telle peut être l'une des devises du Pôle Vaucluse d'Habitat Alternatif Social (ex-CASA), association atypique et au profil ô combien rare dans le paysage français. La Villa Médicis, tel est le nom de son centre d'hébergement où réside en 2013 une vingtaine de personnes. Espèce d'espace, tel est le nom de son accueil de nuit où se réfugient une vingtaine de sans-abri tous les soirs. Le tout est installé à deux pas de la gare centrale d'Avignon, sur la parcelle où demeure l'ancien Tri-Postal, vaste friche qu'occupe l'association par moments, pour y accueillir artistes, étudiants des écoles d'art d'Avignon et d'Aix-en-Provence, et différents événements.

En collaboration avec Notre Atelier Commun (NAC), et l'équipe de Patrick Bouchain, nous nous sommes donnés de tracer les lignes du devenir de cette friche de près de 2500 m². Qu'est ce que l'espace de l'hébergement, et comment le faire s'affranchir des seuls impératifs sanitaires et sécuritaires qui l'écrasent ? Qu'est ce qu'un centre d'hébergement dans la ville, et comment le faire s'articuler à son territoire à rebours de la logique d'enclave qui le détermine communément ? Qu'est ce que la dimension publique d'un lieu d'hospitalité, et comment accueillir ici des pratiques de recherche et d'expérimentation afin de faire de l'ancien Tri-Postal un laboratoire où s'invente un avenir pour les personnes tout autant que pour la ville alentour ?

En septembre 2014, après avoir conduit une étude de faisabilité du projet, le PEROU et NAC installent leur permanence dans une baraque de chantier construite de terre et de paille par l'association Touraterre. Une année durant, rencontres, débats, événements, chantiers se succèdent ici-même, faisant pas à pas se mobiliser de très nombreux acteurs autour du devenir des lieux. En avril 2015, un grand repas est offert dans le Tri-Postal rassemblant autour de la table directrices des hôtels de luxe voisins, sans-abri, membres des équipes d'HAS, élus locaux, représentants de l'Etat, membres des associations partenaires du projet, voisins multiples. Est alors présentée l'étude de programmation pour un devenir radieux du Tri-Postal, nouveau « centre-ville » d'Avignon.

Liens :

→ Archives de l'action

→ Blog de l'action (www.tripostal.over-blog.com)

→ Site de l'association Habitat Alternatif Solidaire.

→ (www.has.asso.fr)


Légendes des images ci-contre :

1. Friche de l’ancien Tri-Postal d’Avignon. © Merril Sinéus

2. Bureau du PEROU, septembre 2014. © Charlotte Cauwer

3. Tri-popote, avril 2015. © Agathe Chiron

4. Gala de HAS Pôle Vaucluse, 14 avril 2015. © Agathe Chiron

5. Programmation du futur Tri-Postal. © Agathe Chiron

Dans le Nord-pas-de-Calais (situation 4) :

LES MONDES


Concevoir le «Journal des Jungles (Les Mondes)» en collaboration avec les réfugiés du Nord-Pas-de-Calais.
Développement d'un journal manifeste conçu dans le cadre de rédactions éphémères rassemblant quatre fois par an réfugiés, bénévoles, graphistes et écrivains. En soutien de l'action de la Plateforme de Services aux Migrants.

Calendrier : à partir d'octobre 2015 jusqu'en décembre 2016
Budget prévisionnel : 48 500 euros
Partenaires : En recherche.
Chargés de mission : Johanna Grégoire, Laurent Malone, Léa Ninot.


Des mondes encore inaudibles s’inventent à l’ombre de nos métropoles européennes. Dans ce que l’on nomme encore «bidonvilles», «campements» ou «jungles» se formulent quotidiennement les rêves d’une vie meilleure. À même ces endroits éloignés s’esquissent parfois les plans de villes assurément nouvelles, enfin débarrassées des attributs des villes révolues (remparts, enceintes, frontières), et augmentées de qualités d’avant-garde (solidarités actives, métissage des formes construites, communautés éphémères). En dépit des réactions de violence et d’hostilité, soubresauts d’un monde agonisant, des formes d’avenir se risquent, des mondes en devenir s’esquissent.

Pourtant, des «migrants», nous n’entendons que plaintes et désespoir. Pourtant, des « militants », nous ne percevons que signes de colère et manifestations d’indignation. De nouvelles médiations peinent donc à s’inventer, permettant de rendre également audible le désir conduisant à rêver et construire simultanément. De nouveaux récits tardent à s’écrire, permettant de rendre également visibles les formes d’hospitalité qui s’inventent. Les territoires que dessinent les actes pionniers des dits « migrants » n’ont point de cartographe ; les utopies qu’esquissent les gestes de solidarité des dits «militants» n’ont point d’historiographe.

Le Journal des Jungles (Les Mondes), projet de la PSM – Plateforme de Service aux Migrants et du PEROU, se veut le media des villes encore invisibles et de leurs pionniers-bâtisseurs. Il se veut l’amplificateur des visions et des voix qui, dans les refuges de l’Europe contemporaine, témoignent de nouveaux espaces communs en devenir.Trimestriel écrit et conçu à la force de «rédactions éphémères » installées au beau milieu des dites «jungles», il vise à recueillir les matières vives qui font les fondations des mondes à venir. Distribué gratuitement dans les périphéries comme dans les centres, il veut transmettre et consigner les preuves d’un renouvellement de notre histoire commune, en dépit de la violence qui sévit, au devant de nouvelles et nécessaires formes d'hospitailté.


Liens :

→ Archives de l'action

→ Blog du laboratoire de recherche Design Information Ville

→ Et Société de l'EnsadLab. (www.labodives.ensad.fr)

→ Site de la Plateforme de Services aux Migrants.

→ (www.psmigrants.org/site/)


Légendes des images ci-contre :

1. Expérimentation 1, EnsadLab, Calais, décembre 2013.
© Afrouz Razavi

2. Expérimentation 1, EnsadLab, Calais, décembre 2013.
© Afrouz Razavi

3. Journal des Jungles n°2. Février 2014. © Afrouz Razavi

4. Expérimentation 2, Agence des Voyageurs, Calais, avril 2014.
© Rahaf Demashki

5. Expérimentation 2, Agence des Voyageurs, Calais, avril 2014.
© Pejman Mirzaei

À ARLES (situation 5) :

LE LABORATOIRE DES IMAGINAIRES DES MONDES À VENIR


Inventer d'autres manières d'habiter la ville en collaboration avec des familles roumaines en occupant les marges.
Mise en œuvre d'un laboratoire de recherche photographique et architectural dans un bidonville en vue de la création, à terme, d'un lieu de vie temporaire et de divers équipements publics dans une friche voisine de 30 ha. En soutien de l'action de la Veilleuse de la Gabelle.

Calendrier : à partir d'août 2015 et jusqu'en juin 2016
Budget prévisionnel : 58 000 euros
Partenaires : En recherche.
Chargés de mission : Charlotte Cauwer, Laurent Malone.


Un certain regard commande que dans les situations de crise contemporaines nous ne repérions que manques, épuisement des ressources, ruines et délabrement. À Arles comme ailleurs, considérant que nous faisons d’abord face à une crise de l’imaginaire, le PEROU s’efforce d’y répondre en prenant le parti de ce qui s’invente. Alors poursuit-il cliniquement le chemin de ce qui se crée tout contre la défaite ambiante. Ainsi reconnait-il comme «trésors publics» le désir de construire et la capacité d’agir de celles et ceux qui n’ont encore pas droit de cité. Ainsi envisage-t-il, à partir de ces ressources inenvisagées et inexplorées, des projets d’avenir pour la ville tout entière.

Quai de la Gabelle à Arles, Eléonore Lubna, étudiante de l’Ecole Nationale Supérieure de Photographie d'Arles, s’est aventurée dans un bidonville, entamant une consigne par l’image de la vitalité qui fait lieu. Ainsi a-t-elle inauguré un travail de recherche sur le «Tiers paysage », portant une attention nouvelle à ce qui demeure éloigné du regard, cartographiant les gestes d’avenir non repérés comme tels, dessinant à même les façades du squat un écran où projeter cet imaginaire renouvelé. Le PEROU s’engage à accompagner ce travail et à instituer un «Laboratoire des imaginaires des mondes à venir» (LIMÀ) conçu à partir du regard prospectif que portent les familles et cette étudiante sur le territoire. En ouvrant ici-même une résidence photographique de 9 mois durant lesquels seront accueillis de nouveaux étudiants et chercheurs prolongeant le travail d’expérimentation politico-photographique entamé. En organisant de multiples projections sur cet écran dessiné telle une zone sensible regardant la ville. En imaginant la dissémination de l’écran et des images elles-mêmes dans tout Arles, enjambant le fleuve, tissant les rives, mêlant les récits. En envisageant une articulation nouvelle avec les Rencontres de la Photographie d’Arles, et une future exposition en 2016, à l’occasion des 25 ans de la mission photographique de la DATAR. En proposant un chapitre supplémentaire à l'archive de cette mission historique, une pièce additive sur le Tiers-paysage contemporain et les actions qui le cultivent.

Quai de la Gabelle, une équipe composée des architectes Clotilde Berrou et Éric Pérez est en charge d’une partie du projet de réhabilitation de la friche des papeteries Étienne. Les architectes ont fait appel au philosophe Jean-Paul Curnier, au collectif d’artistes Ici-Même, à Radio Grenouille et au PEROU afin d’engager un travail de réflexion sur l’art et la manière de concevoir l’avenir des lieux en mobilisant ses habitants passés, présents et futurs.

Quai de la Gabelle, une transformation s’est donc engagée, à de multiples mains : des familles inventant un lieu de vie en dissidence, des étudiants et chercheurs cultivant des imaginaires nouveaux, des architectes réunissant une équipe pluridisciplinaire et esquissant un projet d’envergure. Le PEROU s’engage à poursuivre le chemin de ces nécessaires constructions, et à les faire s’articuler, jusqu'à ce que se conçoive avec les 80 personnes réfugiées ici un habitat expérimental sur la friche voisine, instituant celle-ci laboratoire urbain du XXIe siècle.


Liens :

→ Archives de l'action

→ Blog de la Veilleuse de la Gabelle.

→ (www.veilleusegabelle.tumblr.com)


Légendes des images ci-contre :

1. Quai de la Gabelle, Arles, 9 juillet 2015. © Laurent Malone

2. Quai de la Gabelle, Arles, 9 juillet 2015. © Laurent Malone

3. Quai de la Gabelle, Arles, 9 juillet 2015. © Eleonore Lubna

4. Contre-enquête sanitaire, extrait, septembre 2015.
© Charlotte Cauwer

À CALAIS (situation 6) :

NEW JUNGLE DELIRE


Accompagner la création d'une ville nouvelle par migrants et calaisiens.
Mise en œuvre d'un travail de recherche et d'expérimentation dans la « New Jungle » afin notamment de l'équiper de dispositifs publics, en mobilisant auprès de ses habitants artistes, architectes, urbanistes. En soutien de l'action de la Plateforme de Services aux Migrants.

Calendrier : à partir d'octobre 2015 et jusqu'en décembre 2016.
Budget prévisionnel : 65 000 euros
Partenaires : PUCA, Fondation de France, Ministère de la Culture et le Pavillon de l'Arsenal.
En collaboration avec : L'Ecole Nationale Supérieure d'Architecture et de Paysage de Lille, le Master Innovation et Territoire (Université Joseph Fourier, Grenoble), le Centre de Sociologie de l'Innovation (Ecole des Mines, Paris), le Master Urba de Sciences Po Paris, l'Ecole des Arts Politiques de Sciences Po Paris ainsi que Marie-Haude Caraes, Charlotte Cauwer, Geremia Cometti, Marianne Dautrey, Valérie De Saint-Do, Jean-Baptiste Eczet, Arthur François, Chloé Heyraud, Jean Larive, Bernard Latarjet, Laurent Malone, Bruno Marmiroli, Malte Martin, Marie Menant, Gilles Raynaldy, Valérie Russi, et le collectif sans plus attendre.


«Une montagne d’évidences sans manifeste». Telle est la définition que donne de Manhattan Rem Koolhaas dans l’introduction de New-York Delire, ouvrage culte publié en 1978. L’œuvre sous-titrée Manifeste rétroactif pour Manhattan prend la place d’un texte manquant. Pensée tel un coup de force descriptif convoquant texte, dessin, image, elle fait apparaître New-York comme la ville qui, dans sa structure même, porte à son incandescence le programme politique du XXe siècle.

À l’orée du XXIe siècle, la dite «New-Jungle» s’est développée en lisière de Calais : en juin 2015, 3000 personnes habitent en le construisant ce territoire notamment constitué d’une boîte de nuit, d’églises, de mosquées, d’une école, d’un hôpital, de supermarchés, de langues démultipliées, d’habitats du monde entier, de rêves à n’en plus finir, d’une représentation politique incarnée dans un «Conseil des exilés» se réunissant une fois par semaine. Pourtant, les récits disponibles s’acharnent à ne rendre compte que de misère, errance, indignité, douleur. Un texte manque, donnant à entendre ce qui s’invente ici-même, en lisière du monde que nous connaissons trop. Un texte manque, donnant à saisir qu’un acte collectif extraordinaire se joue à Calais au devant du XXIe siècle, qu’une ville-monde se dessine ici-même.

Le PEROU veut ouvrir l’espace de ce texte manquant, et rassembler pour ce faire les cartographes, historiographes, philosophes, architectes et urbanistes de cette ville nouvelle. Pour nourrir l’hypothèse selon laquelle la «New-Jungle» n’est pas une marge, mais un centre à venir. Pour faire entendre alors que ses habitants ne sont pas des errants, mais des pionniers. Pour faire comprendre enfin que l’enjeu n’est pas de faire disparaître, mais d’accompagner le plus loin possible ce qui a lieu, seule manière de dépasser les lourdes et assassines impasses actuelles.


Liens :

→ Archives de l'action

→ Blog des passeurs d'hospitalité.

→ (www.passeursdhospitalites.wordpress.com)

→ Site de la Plateforme de Services aux Migrants.

→ (www.psmigrants.org/site/)

→ Site de l’appel à idées «Réinventer Calais».

→ (www.reinventercalais.org)


Légendes des images ci-contre :

1. "New Jungle" de Calais, octobre 2015. © Laurent Malone

2. "New Jungle" de Calais, octobre 2015. © Laurent Malone

3. "New Jungle" de Calais, octobre 2015. © Laurent Malone

4. "New Jungle" de Calais, octobre 2015. © Laurent Malone

5. "New Jungle" de Calais, octobre 2015. © Laurent Malone